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Accueil bienveillant des sexualités

Depuis la dépénalisation de l’homosexualité et la reconnaissance des couples homosexuels d’abord par le pacte d’union civile de solidarité puis par le mariage pour tous, la famille homoparentale a gagné en légitimité.
La parentalité chez les individus homosexuels hommes ou femmes est autorisée par la procédure d’adoption, tandis que les questions de la PMA pour les couples de femmes homosexuelles et de la GPA sont le fruit de débats nombreux et clivants au sein même de la communauté LGBTQ.
Quelles que soient les avancées concernant ces débats, aujourd’hui, des études montrent que l’enfant dans le couple homoparental peut s’épanouir sans carence identificatoire notoire et connaître un développement psychoaffectif harmonieux si son entourage familial est good enough, c’est-à-dire : suffisamment bon et structurant.
Les vieilles lunes réactionnaires, visant à dépeindre l’homoparentalité comme toxique par essence pour l’enfant, n’ont pas pour autant disparu du paysage sanitaire, social et politique.
Les psy membres de Psygay défendent l'idée selon laquelle l'enfant, dans le couple homoparental, doit avoir toute sa place subjective en tant que personne à part entière. Il est le fruit d'un désir de deux hommes ou de deux femmes, dont les orientations sexuelles n'empêchent pas d'être des parents aimants.
Il s'agit pour Psygay de lutter contre toutes formes de discrimination à l'encontre de l'enfant et de sa famille.

S’engager pour, s’engager contre, s’engager aux côtés de… c’est entrer en mouvement pour ne pas rester spectateur et devenir acteur.

A la base de l’engagement il y a une émotion : la colère de voir nos valeurs bafouées, la joie de se rendre compte que d’autres partagent nos idées, la tristesse de s’apercevoir que certains souffrent. Le mouvement est d’abord interne. L’individu peut ensuite choisir de donner une forme à son émotion en l’agissant pour inscrire son nom sur une pétition, pour défiler dans la rue, choisir de faire son coming out. Lorsque cet engagement conduit, par exemple, à s’opposer à des policiers, venus faire une énième descente à Stonewall en 1969, le mouvement devient externe et nous expose.

Être LGBT+ oblige l’individu à s’engager à un moment de son histoire. Faire son coming out ou choisir de ne pas le faire est un engagement : c’est risquer d’apparaître aux yeux des autres avec la crainte du rejet, de la violence physique, verbale, se mobiliser pour dire au monde qui je suis, c’est le dire pour ceux et celles qui ne peuvent pas le faire sans risquer leur vie, c’est s’appuyer sur une communauté pour le dire, c’est exister. Chez Psygay, nous considérons notre pratique comme engagée dans l’existence de chaque sujet mais aussi à l’écoute des mobilisations et des revendications politiques et sociales issues du mouvement LGBT+.

L’éthique d’un psy consiste en une série de règles propres à l’exercice de la psychothérapie qu’il est nécessaire de respecter pour que le travail puisse se dérouler dans de bonnes conditions et dans la sécurité du praticien et du patient. L’ensemble de ces règles forme le code de déontologie de la profession (Cf code de déontologie de la FF2P)

Chez Psygay nous attirons particulièrement l’attention sur le fait que les praticien·ne·s de la psychothérapie doivent prendre en compte avec la même conscience et dans le respect du principe de non-discrimination tout·e·s les patient·e·s quels que soient, leur origine, leurs mœurs, leur situation familiale, leur appartenance à une ethnie, à une nation, à une religion, leur orientation sexuelle, leur identité de genre, leur handicap, leur état de santé, leur réputation.

Vocabulaire gay nommant des positions et préférences sexuelles dans un couple d’hommes. L’actif pénètre et le passif se fait pénétrer (que la pénétration soit orale ou anale). Si la position n’a pas d’importance pour l’individu, il se dit actif / passif, versatile ou auto reverse. La position active est bien souvent assimilée à une conduite virile, masculine, tandis que la position passive est bien souvent assimilée à une conduite féminine, la réceptivité dans l’acte sexuel renvoyant parfois même à une forme de soumission. Toutefois, la masculinité et la féminité n’ont, dans bien des cas, pas de corrélation avec les positions sexuelles. La psychothérapie est justement censée aider à se délivrer des stéréotypes limitants et enfermants. Les équivalents anglais, top, bottom et versatile (actif, passif et actif/passif) sont majoritairement utilisés sur les sites de rencontres amoureuses et sexuelles pour favoriser la compatibilité des inscrits avant même qu’ils dialoguent ensemble. Les membres se préselectionnent ainsi souvent en fonction de leurs préférences en vue d’avoir un rapport sexuel. Ces certitudes numériques vacillent souvent au cours d’un parcours psychothérapeutique.

Terme permettant de nommer des personnes homosexuelles masculines aux comportements renvoyant à une féminité exacerbée ou même à une parodie de la féminité, transgressant la norme mâle et jetant le trouble. Le film « La cage aux folles » a longtemps été l’incarnation risible, bien qu’émouvante, de ce type de personne homosexuelle. L’individu concerné est souvent appelé ainsi pour son attitude extravagante et provocatrice, sa labilité émotionnelle et langagière, sa gestuelle féminine et séductrice. La folle est souvent l’objet de stigmatisation à l’intérieur des groupes sociaux, sujette à des moqueries et des railleries qui vont de la dérision à la persécution. A l’intérieur de la communauté homosexuelle, la folle est également souvent victime de sarcasmes et de rejet par des individus survalorisant les conduites viriles et dénigrant la féminité. La folle, par son aspect hors-norme (défiant la norme hétérosexuelle mais aussi la norme homosexuelle) est aussi parfois perçue comme l’incarnation du courage et de la fierté d’être gay, sans se soucier des stéréotypes sociaux. Chez Psygay, nous choisissons d’accueillir chacun dans sa différence pour écouter comment se formule son désir.

HISTOIRE

La Gestalt-thérapie naît officiellement dans les année 1950 avec la fondation du "New-York Institute for Gestalt-therapy" quand Laura et Fritz Perls, juifs ayant fui l’Allemagne nazie avant-guerre, se détachant de la psychanalyse, proposent à Paul Goodman, dramaturge bisexuel et psychothérapeute américain, de co-rédiger un livre "Gestalt-therapy" qui deviendra fondateur, sur les bases conjointes de la Gestalt-psychologie, de la phénoménologie et des philosophies orientales (taoïsme). Elle intègrera rapidement un mouvement historique de l’époque : l’existentialisme, dont Irvin Yalom est aujourd’hui un représentant célèbre. Plus tard, dans les années 1970, la Gestalt-thérapie prendra part sur la côte ouest des USA à Esalen, aux mouvements d'émancipation de la personne : féminisme, sexualités, minorités raciales, art-thérapies… intégrant les croyances de Paul Goodman dans une thérapie englobant aussi la sphère sociale et artistique. La Gestalt est introduite en France dans les années 1980 avec deux figures principales : Serge Ginger et Jean-Marie Robine.

 

SPÉCIFICITÉ

La spécificité fondamentale de la Gestalt-thérapie est la « perspective de champ » qui envisage la thérapie non pas comme la rencontre de deux individualités distinctes (en particulier un patient « pathologique » et un expert « soignant ») mais comme la clinique d’une situation ou deux êtres « existant » entrent en contact selon des modalités à mettre au travail ensemble. On dit que le Gestalt-thérapeute s’engage alors dans la situation thérapeutique générée par le client. On ne parle plus d’individu mais d’organisme, en contact indissociable de son environnement. L’objet de la thérapie devient la possibilité pour l’organisme-client de s’ajuster de manière nouvelle et créative à son environnement constitué entre autres par son thérapeute.

C’est pourquoi la Gestalt est aussi appelée thérapie du contact. Elle regarde la manière dont l’interaction prend forme, évolue et se transforme, spécifiquement entre le thérapeute et le client et plus largement dans le « champ » (histoire, société, futur anticipé etc…). Elle s’intéresse plus au processus de contact en cours dans le cabinet entre les deux organismes « existants » en présence qu’au contenu apporté par le client, sa psyché ou ses comportements. Elle observe davantage le « comment » de la situation qu’elle n’analyse ou interprète le « pourquoi » des choses, des événements ou des problématiques. Quand les deux protagonistes regardent ensemble le passé, c’est pour éclairer ce qui encombre encore aujourd’hui. Quand ils évoquent le futur, c’est pour envisager les angoisses du présent. Dans cet « ici et maintenant » réparateur, l’histoire sert le présent et le futur se prépare.

 

UNE DÉMARCHE HOLISTIQUE

Dans cette perspective de champ où l’organisme tente de s’ajuster à son environnement dans une situation thérapeutique, la Gestalt-thérapie convoque toutes les dimensions de la personne : sensorielle, émotive, affective, cognitive, sociale et spirituelle (au sens de l’être humain en lien avec l’humanité). Car ce sont autant de façons d’exister au monde. La Gestalt-thérapie intègre le ressenti et les sensations physiques, dans une perspective unificatrice du corps et de l’esprit (homéostasie). Cet accent mis sur le psycho-sensoriel permet au client-organisme de « lâcher » le mental quand cela est nécessaire et de sentir son environnement ainsi que ses propres sensations, afin de s’y ajuster le plus pleinement et le plus complètement possible dans une démarche holistique. Il peut alors par exemple se connecter avec ses émotions. La réparation et le changement, c’est-à-dire l’ajustement créateur ainsi produit, s’origine et s’aboutit dans le corps qui inclue la tête et non l’inverse. C’est là un des apports de la Gestalt à la thérapie occidentale : ne plus seulement focaliser sur le verbal, l’analytique et le psychique. Les recherches actuelles des neurosciences sur la reprogrammation du cerveau (notamment l’émotionnel) par le changement dans le vécu sensoriel de l’être, valident ces hypothèses historiques et fondamentales de la Gestalt-thérapie.

 

UNE SÉANCE DE GESTALT-THÉRAPIE

Les séances se déroulent comme un dialogue verbal et corporel, en face à face et en mouvement. Le Gestalt-thérapeute est pleinement présent et actif mais jamais directif. Il soutient le déroulé des expériences vécues en commun (paroles, actes, actions…), invite le client à approfondir certaines observations, à se centrer sur ses ressentis, à regarder autrement un geste ou à se mettre en mouvement dans la situation.

Le processus de contact entre le Gestalt-thérapeute et son client dans le cabinet est à la fois un révélateur et un laboratoire des expériences d’existence que le client peut avoir dans sa vie quotidienne. Ces expériences vécues ensemble, verbales ou corporelles, émergent spontanément et lentement, sans idée préconçue et sans projet. Le Gestalt-thérapeute se contente d’éveiller l’attention sur ce qui est en train de se passer (une respiration, un ton de voix, une posture, un mot…) et facilite ainsi la prise de conscience du client, dans une perspective de co-construction. Ainsi le client ne se sent-il pas seul avec sa problématique ou expertisé. Il est simplement rejoint avec curiosité par le Gestalt-thérapeute et accompagné pas à pas dans son vécu existentiel.

Cette prise de conscience mène au changement parce qu’il est vécu dans la relation thérapeutique et métabolisé corporellement. Il peut alors faire croissance. Ce nouveau, cet ajustement créateur, est d’autant plus observable et remarquable qu’il est vécu dans un cadre de sécurité et de confiance instauré par le Gestalt-thérapeute et construit à deux.

 

INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES

La Gestalt-thérapie se pratique en individuel (pour les adultes, les adolescents et les enfants), en couple, en famille et en groupe. Celui-ci peut être « continu » (avec les mêmes participants toute l’année) ou ponctuel (un engagement de quelques jours), sans ou avec thème (la sexualité, la créativité…), et parfois lié à de l’art-thérapie, du clown, des expériences dans la nature… La Gestalt se développe aussi en entreprise (conseil, coaching, régulation) ainsi que dans le secteur médico-social (groupes de parole, échanges de pratiques, accompagnement d’équipe…).

La binarité Homme-Femme est une classification des êtres humains en deux catégories. Elle repose sur le sexe biologique : le mâle avec un sexe masculin doté d’un appareil génital spécifique (pénis, testicules…) et la femelle avec un sexe féminin pourvu d’un appareil génital également spécifique (vagin, clitoris…). Cette sexualisation de l’humanité a historiquement fondé la catégorisation en deux genres dans nos sociétés : le féminin et le masculin. Ainsi la binarité s’est-elle imposée comme la norme, et sexe et genre ont-ils été longtemps confondus.

Cette apparente évidence est aujourd’hui sujet à controverse.

La binarité a commencé à être mise à mal avec les débats autour des phénomènes d’intersexuation biologique (un enfant naît sans appareil génital suffisamment attribuable au sexe masculin ou au sexe masculin) empêchant les procédures classiques de socialisation par le genre. Ces enfants ont longtemps été ré-assignés d’office sans leur consentement à une identité masculine ou féminine. Or on sait aujourd’hui avec certitude que la binarité mâle-femelle n’est pas toujours un choix évident quand on les laisse décider.

La mise au jour sociale de l’existence de personnes Trans depuis la fin du 20è siècle a continué à renforcer la réflexion sur la possible non congruence entre sexe et genre. Ces personnes disent ressentir un hiatus entre leur sexe biologique d’origine et le genre qui leur a été automatiquement assigné.

Enfin, le mouvement Queer a théorisé et étayé par des études, ces changements qui révolutionnent nos sociétés en ébranlant nos certitudes : l’essentialisation du genre par le sexe biologique et la binarité homme-femme ne semblent plus être les seuls repères du genre. Les avancées Queer autorisent chaque personne à se « genrer » selon son ressenti et non selon la norme de son sexe biologique.

Le genre se révèle alors comme une variable purement sociale ; une modalité d’existence ; une façon d’être au monde. Il dépasse le sexe et la sexualité. Il réfute le « naturel ». La binarité devient une invention humaine non démontrée scientifiquement.

En effet, aujourd’hui il est impossible de prouver que les catégories hommes-femmes sont scientifiques et a fortiori utiles (cf l’intersexuation ou l’hermaphrodisme). Seule la production de gamètes différencie l’homme de la femme (cf les recherches de Richard Dawkins). C’est trop peu pour justifier une telle normativité.

Appartenir à son sexe d’origine (quand il est clair), ne dit sans doute scientifiquement rien de plus que « j’ai un sexe ». C’est une révolution qui permet à chacun-e de se genrer librement, de fluidifier des rapports humains catégoriels et au passage, de questionner la domination historique des hommes sur les femmes.

Dans nos cabinets chez Psygay ces problématiques sont habitées par nos patients. Elles posent question et disent des souffrances. Au premier chef, les personnes Trans sont en première ligne dans ce combat. Elles souffrent de multiples manières : assignation forcée du genre à leur sexe d’origine notamment pendant l’enfance, difficulté à changer de sexe pour changer de genre, incompréhension face à la remise en cause de la binarité homme-femme en faveur de genres autres et différents (agenre, non-binaire…) etc. Plus largement, nous voyons des personnes souffrant de discriminations liées à leur genre, leur sexe ou leur sexualité.

Chez Psygay nous pensons que l’acceptation sans conditions de l’affirmation de son genre, quel qu’il soit, est imprescriptible. Nous croyons également que la remise en question de la binarité Homme-Femme peut ouvrir des voies à un meilleur vivre ensemble où la domination de l’homme sur la femme et plus généralement du masculin sur le féminin, serait allégée voire abolie. Nous affirmons enfin que le sexe est décorrélé du genre et que cette confusion mène à la discrimination des minorités, « non conformes » à une catégorisation artificielle servant des intérêts communautés et de pouvoirs.

L’homophobie est un phénomène social qui peut se définir comme le rejet de l’homosexualité. Elle prend parfois des formes violentes comme l’agression physique ou l’insulte mais est généralement plus insidieuse comme la discrimination professionnelle ou l’évitement social. Elle est aujourd’hui condamnée par la loi française.

L’impact sur une personne homosexuelle peut être plus ou moins conscient et plus ou moins visible car l’homophobie est un phénomène historique et universel. Il se mélange au sentiment d’exclusion, d’isolement ou de manque de confiance en soi.

Les personnes conscientes ou non d’être victime d’homophobie, vivent l’abandon, le rejet ou le mépris de la part de leur environnement. Les symptômes de ce vécu peuvent être la dépression, le sentiment d’être persécuté·e ou plus simplement incompris. Dans certains cas extrêmes et notamment chez les jeunes, cela peut mener au suicide (un pourcentage plus important de suicides est remarqué chez les homosexuel·le·s adolescent·e·s).

Cela est d’autant plus vrai que l’homophobie peut être intériorisée par la personne homosexuelle. Elle intègre alors la violence et l’agression de son environnement, peut s’auto-détester (haine de soi) ou éviter de reconnaître sa propre homosexualité (déni).

Quand on réalise que ce phénomène est purement social et que l’homosexualité n’est pas un choix mais une donnée, une orientation, équivalente à l’hétérosexualité, l’homophobie tombe.

Il est important de rappeler, et c’est ce que nous faisons chez Psygay, que l’homosexualité ne marque qu’une orientation sexuelle. Elle n’est devenue fait social ou revendication identitaire que par le besoin d’exister face au rejet d’une partie de la société.

C’est l’impact de ce rejet, de cette violence ou de cette discrimination que nous avons à prendre en compte, nous psychothérapeutes, chez les personnes homosexuelles qui viennent consulter dans nos cabinets. Elles peuvent y trouver de manière inclusive et bienveillante, l’accueil, l’écoute et la compréhension nécessaires à un être au monde plus épanouissant et fluide.

Méthode analytique initiée par Carl Gustav Jung, contemporain de Freud, qui fut d’abord son élève avant de revendiquer une rupture éthique avec lui, en particulier dû à son refus de mettre la sexualité au centre de la vie psychique.

La psychanalyse selon Jung vise l’être humain dans sa totalité, dans une quête à la fois personnelle et transpersonnelle (les notions d’inconscient collectif et de figures archétypales régissant nos conduites sont particulièrement présentes dans son œuvre). Elle s’attèle à la recherche des causes mais aussi, dans une perspective prospective, à la définition d’objectifs en cohérence profonde avec le désir individuel du patient. « Chaque vie est un déroulement psychique visant une conscience de soi-même », écrit Jung. Sa méthode n’exclut ainsi pas la dimension religieuse, le sentiment « océanique », c’est-à-dire mystique, dans une perspective métapsychologique, qui lui a été beaucoup reprochée.

Les séances se déroulent une à deux fois par semaine, sur le divan ou en face-à-face. Jung mettait l’individu au centre de la cure, en insistant sur le processus de transformation auquel il doit être sujet.  L’individu est d’une importance décisive car c’est lui le vecteur de la vie et de l’existence. Ni le groupe ni la masse ne peuvent le remplacer », écrit-il.

Ce terme désigne une pratique, une conduite, un état couramment répandu et qui concerne le plus grand nombre. Par extension, il signifie la règle à suivre, ce qui se fait et par opposition il pointe ce qui est « anormal » c’est-à-dire ce qui se ne fait pas.

La norme procède donc d’un glissement de sens de la statistique vers la morale.

Dans un groupe humain (famille, entreprise, société…) les règles et les lois qui régissent les comportements et construisent les mœurs acceptables ou non sont une émanation de la norme statistique. Celle-ci s’avère historique, variable, impossible à définir une fois pour toute.

Trop souvent « Être normal » ou « anormal » perd toute dimension statistique pour ne parler que de morale, pour condamner, mettre en marge, pathologiser, pour évoquer les comportements déviants (qui dévient de la norme) ou les invertis (qui vont à l’envers de la norme), autant de termes utilisés autrefois et hélas parfois encore pour évoquer les LGBT+ et qui indiquent que la norme véhicule une notion de pouvoir : pour appartenir il faut ressembler.

La norme est par conséquent toujours oppressive mais la loi permet de s’en protéger. Par exemple dépénaliser l’homosexualité ou autoriser les couples de même sexe à se marier sont autant de tentatives de normaliser ce qui ne fait pas partie du plus grand nombre.

Dans le champ des sexualités LGBT, cette liberté est celle de pouvoir assumer son orientation sexuelle et de l’exprimer dans l’espace public. Cela a été le fruit de longs combats militants. Ceux-ci ont visé à la reconnaissance des minorités sexuelles, depuis la fin des années 60 en France. Stigmatisée, décriée, vécue comme honteuse, l’homosexualité n’a longtemps même pas eu droit d’expression dans les cabinets des psychologues et psychanalystes, eux-mêmes peu enclins à la reconnaître autrement qu’en terme de perversion ou de déviance.

Aujourd’hui, la liberté de parole des homosexuels a gagné du terrain dans le champ médiatique, notamment depuis la création du PACS, du mariage pour tous et le droit à l’adoption. L’individu homosexuel, vu comme un être capable d’amour envers son compagnon ou un enfant, est pour ainsi dire « humanisé », de moins en moins assimilé à une marginalité dangereuse.  Néanmoins, les processus d’homophobie intériorisée entravent de nombreux individus dans leur capacité de vivre sereinement leur orientation, tandis que l’exclusion systématique de nombreux jeunes par leur famille au moment de leur coming out, révèle la haine tenace encore générée par l’homosexualité. Psygay, par son action auprès de ses patients, vise à accompagner les individus vers une parole authentique, libérée des fers du non-dit et du tabou.

Le mariage entre personnes du même sexe, légalisé en France en 2013, est aujourd’hui rendu possible dans vingt-quatre états. Les Pays Bas sont les premiers à l’avoir légalisé.

Cette autorisation des personnes de même sexe à bénéficier des mêmes droits que les autres concerne d’abord le mariage civil. Elle induit la question de l’homoparentalité, et en particulier celle de l’adoption par les couples homosexuels, autorisée dans l’immense majorité des pays qui ont légalisé le mariage.

Ce dernier est vu comme un progrès significatif dans la reconnaissance des couples de même sexe et comme une bataille de gagnée contre l’homophobie. La discrimination des homosexuels sévit en effet encore dans de très nombreux états du monde, qui n’envisagent pas une égalité de droit, malgré les luttes de la communauté LGBT+. Plusieurs résolutions du Parlement européen visant à combattre ces discriminations ont par exemple, été sans aucun effet sur certains pays, comme la Pologne ou la Roumanie, particulièrement hostiles à l’homosexualité en leur sein.

 

Un individu pansexuel rejette la binarité qui oppose traditionnellement les sexe masculin et féminin. Le préfixe pan signifie « tout, chaque ».

Or, il a longtemps été considéré que les attirances étaient déterminées par la binarité, de fait restrictive et n’incluant pas tout le spectre du genre.

Le pansexuel rejette cette norme forgée au fil des siècles ; il affirme une attirance sexuelle et émotionnelle sans rapport strict avec le sexe biologique et ses assignations.

Il refuse de s’identifier hétérosexuel, homosexuel mais également bisexuel dans la mesure où il considère que cela reviendrait à se définir en rapport à des critères biologisants et restrictifs, ne tenant pas compte de toutes les possibilités qu’offre la vie sexuelle et amoureuse.

Le pansexuel se revendique non-binaire et revendique une fluidité émotionnelle dans ses rapports intimes. Il est dans une logique de non-désignation, de non-inscription, au nom d’une liberté subjective plus dense que celle offerte par le discours binaire.

Les psychothérapeutes membres de Psygay ont pour éthique d’accepter toutes les manières de se construire une identité subjective.

Ils·elles ne demandent pas, explicitement ou implicitement, à ce que leurs patient·e·s s’identifient en tant qu’hétérosexuel·le·s, bisexuel·le·s ou homosexuel·le·s.

La transphobie est le rejet systématique des personnes transgenres, menant à leur discrimination et générant de la souffrance identitaire.

Le terme cisnormativité est associé à celui de transphobie pour dénoncer l’aspect hétérocentré des logiques sociétales visant à exercer des violences physiques ou psychologiques sur les personnes transgenres.

Ces violences sont nombreuses, variées, parfois insidieuses et invisibles. La transphobie est à l’origine de multiples agressions (viols, meurtres) mais également de comportements d’oppression et d’exclusion (discriminations à l’embauche, au logement…) Les personnes trans disent subir de la transphobie par des personnes homosexuelles qui, dans une logique binaire, refuse les identités de genre en marge.

La transphobie psychiatrique est également dénoncée par les associations militantes de personnes transgenres, disant être considérées comme malades mentales par le discours médical dominant.

Elles refusent pour beaucoup d’être entre les mains de psychiatres, qu’elles jugent transphobes, au moment de leur transition hormonale et/ou chirurgicale. Une personne transgenre sujette à l’humiliation et à la persécution a souvent pour recours l’errance ou encore le suicide.

Les psychothérapeutes de Psygay s’inscrivent en lutte contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie. Ils·elles accueillent, dans leurs pratiques, la parole des personnes transgenres en respectant leur subjectivité, afin de leur permettre de trouver un épanouissement personnel dans leur identité profonde.

Le terme est au pluriel car il évoque l’ensemble des approches qui consistent à accompagner une personne en souffrance psychologique ou en questionnement personnel. On peut ainsi parler de psychothérapie psychanalytique, de psychothérapie humaniste, de psychothérapie cognitivo-comportementale etc.

Au-delà des nombreuses différences nous pouvons distinguer trois traits communs qui constituent le socle d’une psychothérapie. Une psychothérapie est une démarche de soin (ce qui la différencie du coaching ou du développement personnel) qui se déroule dans un cadre explicite (lieu, horaires, régularité, tarif…) où va se créer une relation interpersonnelle (relation entre le praticien et le patient)

L’objectif des psychothérapies est de mener le patient vers une plus grande liberté de choix, d’action dans le respect de sa personne. En aucun cas une psychothérapie ne cherchera à faire entrer quelqu’un dans une norme ou à juger ses actes, son identité de genre ou son orientation sexuelle c’est du moins ce à quoi s’engagent les praticien·ne·s de Psygay.

Les théories queer constituent un vaste archipel. Les réflexions qui le baignent sont bouillonnantes. Elles ne visent pas moins que le dynamitage de l’identité de genre et la remise en cause de la dualité des sexes. On n’est plus ni homme ni femme mais pluriel. Les choix sexuels ne s’y limitent plus à l’hétérosexualité ou l’homosexualité mais deviennent un prisme aux couleurs multiples.

Les théories et les idéologies queers apparaissent aux USA au moment de la crise du Sida. Elles prennent la suite des gender studies, des gay lesbian studies. Elles se sont peu à peu imposées comme autant d’idéologies, de mouvements militants et de déconstructions critiques capables de redonner espoir à certain·e·s. A la base, « Queer » signifie bizarre, dans un deuxième temps c’est est une insulte qui signifie « pédé », « tapette ». Aujourd’hui, ce mot est devenu l’étendard de celles et ceux qui veulent repenser la non-évidence de la norme hétérosexuelle à partir des minorités et des marges. Les enjeux queer nouent une étreinte nouvelle entre corps, langage et pouvoir.

Pour certains représentant du champ psy pareil montage ressemble à une hydre dont il faudrait s’empresser de couper toutes les têtes au risque sinon de plonger la civilisation dans une crise et dans des troubles irréversibles.

Chez Psygay, nous estimons plutôt que la lecture des travaux issus des queer studies, constitue une base de réflexion nouvelle capable de nous amener à revoir nos préjugés quant à la santé mentale. Nous en tirons profit en ce qu’ils questionnent les postures soignant/soigné ; les distinctions entre normalité/pathologie ; en ce qu’ils émanent de celles et ceux qui se sont sentis trop longtemps exproprié·e·s par le savoir du champ psy ; savoir qui les a trop souvent stigmatisé·e·s. Nous avons donc choisi de les entendre.

Les pensées queer s’opposent à la pensée straight : hétérosexuelle, droite, orthodoxe. Les montages théorico-idéologiques qu’elles proposent ont de quoi surprendre, parfois même choquer. C’est ce qui fait leur force pour des thérapeutes qui cherchent à rester dans l’inconfort d’une position où il s’agit d’aider chacun à devenir ce qu’il désire être.

Le terme de sexualité peut désigner deux idées différentes : soit une orientation sexuelle, soit une pratique sexuelle.

Concernant les orientations sexuelles. L’une des premières classifications consacrées aux sexualités a été faite à la fin du XIXe siècle par le psychiatre Austro-hongrois Krafft-Ebing. Il recense l’hétérosexualité, l’homosexualité, la bisexualité, la zoophilie, la pédophilie, la nécrophilie et d’autres encore.

Concernant les pratiques sexuelles. Cette classification parle également de la masturbation, de la fellation, de la sodomie, du voyeurisme, de l’exhibitionnisme, du sadomasochisme, de l’urophilie, de la scatophilie, etc.

Une sexualité peut donc désigner une orientation sexuelle ou un comportement sexuel. Même si dans le langage courant, il nous arrive de parler de LA sexualité au singulier, comme s’il n’y en avait qu’une, en réalité, les sexualités sont très nombreuses, tant par la multiplicité des objets sur lesquels elles peuvent porter que par la multiplicité des pratiques à travers lesquelles elles s’expriment.

Que le terme de sexualité désigne une orientation ou une pratique, chez Psygay, on respecte toutes les sexualités, c’est-à-dire toutes les orientations sexuelles et toutes les pratiques sexuelles. Cette position devrait être celle de tous les psy, mais l’histoire nous a malheureusement montré que les psy se sont souvent improvisés en gardiens de la morale du moment, que ce soit pour tenir des propos homophobes, ou pour condamner telle ou telle pratique sexuelle, ou encore pour convertir une orientation en une autre… Cette position moralisante envers une orientation sexuelle ou envers une pratique sexuelle est inconcevable chez Psygay. C’est d’ailleurs la raison principale pour laquelle l’association existe. Nous accueillons la souffrance d’une personne, quelle que soit son orientation sexuelle et quelle que soient ses pratiques sexuelles, sans avoir pour objectif de les modifier ni de tenir des propos moralisant à leur encontre.

Bien que l’homosexualité semble plus acceptée aujourd’hui, notamment dans les grandes villes, l’homophobie reste importante dans la population, y compris chez les psy, même si elle prend désormais des formes de rejet qui sont souvent plus douces.

Par exemple, aujourd’hui rares sont les psy gay qui dirigent une école psychanalytique alors que les homosexuels ont été une part importante de leur patientèle. Il n’est d’ailleurs pas certain qu’il existe une seule école psychanalytique en France qui soit dirigée par un homosexuel. Rares aussi sont les psy enseignant-chercheurs qui mènent des travaux sur l’homosexualité sans la pathologiser alors que d’autres sciences humaines le font depuis plusieurs décennies, et rares enfin sont les psy qui affichent leur homosexualité, alors que beaucoup d’autres affichent leur hétérosexualité.

De même qu’en dépit des avancées considérables sur l’égalité des droits entre hétéro et homo, un certain nombre de discriminations demeurent, notamment à propos des PMA, ou plus insidieusement sur l’adoption. On sait en effet que les demandes d’adoptions faites par un couple homosexuel ont beaucoup moins de chance d’aboutir que les demandes faites par un couple hétérosexuel. Même face aux demandes de célibataires, les homosexuels ont moins de chance d’obtenir une adoption, comme si les homosexuels étaient de plus mauvais parents que n’importe quel·le hétérosexuel·le seul·e ou en couple.

Psygay essaie donc d’être vigilante à ce que le psychisme ne soit pas pris comme un argument pour justifier les discriminations envers les homosexuel·le·s, car cette orientation sexuelle ne relève en rien d’une pathologie psychique. Il faut reconnaître à ce sujet que la plus grande tolérance envers les homosexuels dans la société française actuelle favorise le travail de l’association et place Psygay dans les bonnes mœurs du moment. Toutefois, Psygay ne se contente pas d’accueillir que des homosexuel·le·s, même si cela reste l’essentiel de son travail et que cela constitue sa démarche initiale. L’association accueille également les autres orientations sexuelles sans aucune forme de discriminations.

Elle s’engage ainsi à respecter toutes les personnes qui s’adressent à elle, quelle que soit leur orientation sexuelle. Il est en effet difficilement concevable de prétendre respecter une personne sans respecter son orientation sexuelle, puisque le désir sexuel est une partie essentielle de la construction psychique. C’est la raison pour laquelle les personnes bisexuelles, transsexuelles ou autres sont accueillies sans jugement de valeur et que leur désir sexuel n’est en rien assimilé à une forme de pathologie psychique. C’est ce que Freud écrivait déjà en 1903. Les membres de l’association savent combien les discriminations sont source de souffrance, parfois pour les avoir vécues eux-mêmes. Ils savent aussi combien les mœurs fluctuent en fonction des modes, ce qui fait qu’une sexualité est une maladie un jour et plus le suivant, ou qu’elle ne l’était pas puis qu’elle le devient le lendemain. De même que les psy de l’association savent parfaitement qu’une sexualité est plus ou moins condamnée pendant qu’une autre est plus ou moins encouragée.

Par exemple, l’homosexuel·le était susceptible d’humiliations, de traitements médicaux et psychothérapeutique, de castration chimique, de lobotomies, de travaux forcés, ou encore d’emprisonnement, selon les pays occidentaux que l’on considère. Et à la même époque, dans les mêmes pays, l’hétérosexualité était à l’inverse financée par les États. Elle le demeure d’ailleurs encore aujourd’hui, puisque la plupart des États proposent des aides ou des allocations pour les couples qui procréent. Or, cet encouragement étatique à avoir une pratique hétérosexuelle constitue une discrimination envers les couples homosexuels, puisque la PMA, la GPA et l’adoption leurs restent souvent inaccessibles. Toujours est-il que maintenant la plupart des pays occidentaux ont dépénalisé l’homosexualité et tendent vers une égalité de droit avec l’hétérosexualité.

Chez Psygay, l’accueil des personnes en souffrance psychique est le même quelles que soient les orientations sexuelles de chacune, et quelle que soit la morale du moment, parce que tous les psy de l’association considèrent qu’il est intolérable de discriminer une personne en raison de son orientation sexuelle. C’est bien plutôt parce qu’une personne est victime de discriminations qu’elle est d’autant plus susceptible de développer des problèmes psychiques.

Il existe des pratiques sexuelles aussi variées et différentes que la masturbation, la fellation, le cunnilingus, la sodomie, le coït, le sadomasochisme, le voyeurisme, l’exhibitionnisme, l’urophilie, la scatophilie, la gérontophilie, le fétichisme, le bondage, le barebacking, le travestisme, le chems sex, ou plus originales encore, l’acrotomophilie (rapports sexuels avec des personnes amputées), ou l’émétophilie (rapports sexuels avec du vomi), narratophilie (avoir un vocabulaire obscène), olfactophilie (rapports sexuels avec odeurs), etc (la liste est très longue, une soixantaine d’entrées ; cf wikipédia art. paraphilies-DSM 5). Les psy de l’association n’ont pas vocation à dire à leurs patient·e·s quelle pratique sexuelle ils·elles doivent avoir, et laquelle ils·elles ne doivent pas pratiquer ; de même qu’ils·elles n’ont pas à leur dire quelle personne ils·elles doivent désirer et laquelle ils·elles ne doivent pas désirer. En revanche, il est assez fréquent, pour ne pas dire systématique, que les orientations sexuelles ou les pratiques sexuelles les plus déviantes entrainent des difficultés psychiques. Ce sont ces difficultés qui sont traitées en psychothérapie et non les déviances en tant que telles.

Qu’il s’agisse d’orientation sexuelle ou de pratique sexuelle, les psy de l’association accueillent donc avec bienveillance toutes les sexualités, ce qui signifie qu’ils·elles ne vont pas tenter de « convertir » l’orientation d’un·e patient·e pour une autre, ni de l’inciter à avoir moins de pratiques dites déviantes, ni même de l’inciter à en avoir plus. Le travail thérapeutique consiste seulement à conduire le·la patient·e vers une prise de conscience de son organisation psychique afin qu’il·elle comprenne les symptômes qui le font souffrir, et c’est à lui ensuite d’opérer des réaménagements en fonction de ce qu’il a compris de son comportement et de ses souffrances, mais en aucun cas, les psy de l’association ne sont là pour lui dire ce qu’il·elle doit désirer et ce qu’il·elle doit faire. En théorie, tou·te·s les psy sont censé·e·s adopter cette position clinique. La force et la particularité de Psygay est précisément de réunir des psy qui ont vécu ces discriminations et de les refuser. Elles et ils sont donc particulièrement bien aguerris sur le fait que leur travail ne consiste pas à faire la morale aux patient·e·s qu’ils reçoivent, mais seulement à traiter leurs souffrances psychiques. C’est la raison pour laquelle, chez Psygay, tou·te·s les psy sont bienveillants avec les sexualités de leurs patient·e·s.